vendredi 28 septembre 2012

LES PAYSAGES MAGNÉTIQUES DE RAYCORD

L'artiste québécois Raycord est, non pas perdu dans la nature (il vit dans la campagne canadienne), mais gagné par elle. Après "l'hiver blanc", il nous fait pénétrer dans "Ruban-ruban", exploration sonore de 14 titres. Sur ce deuxième album, on ressent presque la vapeur sur la vitre, le crissement des pas dans la neige, le vent qui souffle sur les feuilles, la rigueur du climat et la joie d'une boule de neige compactée dans nos mains. Mélange d'enregistrements analogiques (Wurlitzer par exemple...) passés par le filtre de la bande magnétique (ruban) et revisitée par l'electronica, sa musique est sculptée, malaxée, découpée, scotchée, retournée, inversée. Elle révèle alors la beauté d'un groove trituré, délicat, soyeux, atmosphérique et parfois rugueux. On s'aventure dans un paysage sonore enrubanné par la nature, dans de fins climats ambient, électro et trip-hop. "Ruban-ruban" est un album frais et enivrant comme un alcool fort qui réchauffe par grand froid.

N.B. : Raycord fait partie de l'excellent label Phonosaurus dont je ne saurais trop vous conseiller d'aller jeter les deux oreilles sur les autres artistes (Astrid Engberg, Berry Weight, Mattic, Dirty Art Club déjà évoqués en ces pages, et bientôt The Broken Orchestra et Marina Quaisse) .

Raycord - 8mm from Phonosaurus on Vimeo.








mercredi 26 septembre 2012

"CINEMA EL MUNDO" : LE NOUVEAU LO'JO

Cinéma El mundo, 13è album de Lo'Jo
La formation angevine Lo'Jo sort son 13ème album en 30 ans d'existence. Depuis leur studio de la Fontaine au Mont, à Murs-Érigné près d'Angers, la troupe menée par le poète-chanteur Denis Péan offre avec "Cinema El mundo", une nouvelle parcelle de son riche univers bati sur des voyages magnifiques, des échanges fructueux et des emprunts musicaux. Dans ce joyeux bazar aux accents polyglottes, nourri aux métissages, aux rythmes baroudeurs et aux contours musicaux aussi larges qu'entrelacés (world, jazz, hip-hop, dub...), Lo'Jo invite à nouveau des musiciens pour partager l'aventure et l'expérience : l'anglo-pakistanaise Susheela RamanIbrahim Ag Alhabib du groupe touareg Tinawiren, l'anglais Robert Wyatt, le violoncelliste français Vincent Ségal, le mauricien Lenlou Menwar, le malien Andra Kouyaté, le bassoniste de l'opéra de Marseille Stéphane Coutable, le violoniste chinois Guo Gan,... Porté par la magie des mots de Denis Péan, par les voix des soeurs Nid el Mourid, orchestré par le multi-intrumentiste Richard Brumeau, le sextet est plus que jamais un remarquable acteur : l'authentique créateur de scènes musicales chaleureuses et vivantes .


LO'JO Teaser CINEMA EL MUNDO par 2LR


cinéma el mundo studio septembre 2011 par Lojomusic

LO'JO Teaser CINEMA EL MUNDO par 2LR

mardi 25 septembre 2012

"ELECTRIC SOUL" : ZENZILE HAUSSE LE SON

Pochette d'"Electric Soul" de Zenzile
Depuis 1996,  Zenzile n'en finit pas de faire tourner le dub à sa sauce (avec un fond de rock dedans, essence du son particulier du groupe), étirant son territoire comme une une pâte souple, prête à être malaxée et dépensant ses propres frontières. Le combo angevin poursuit son chemin en élargissant son domaine de la lutte sonore, déployant un dub grand format, version cinémascope. Après des pérégrinations plus rock lors des derniers opus et la parenthèse ciné-concert "Le Cabinet du Dr Galigari", retour à l'hypnotique, au groove originel, aux grands espaces qui réverbèrent et aux riddims reggae-dub avec ce nouvel album "Electric soul". Reprise des fondamentaux dopés par l'expérience et la maitrise du son, les effets envoûtants, la basse chaleureuse, gainsbourienne et ronde.  Présent au casting, comme d'hab', la poétesse Jamika mais aussi le toaster jamaïcain Winston McAnuff et le flow hip-hop et soul de Jay Ree pour les vocaux. Sortie le 24 septembre pour entrer définitivement dans vos oreilles.


ZENZILE - STAY par ZENZILE_OFFICIEL


ZENZILE - STAY / LIVE par ZENZILE_OFFICIEL


Studio Session 1 par ZENZILE_OFFICIEL


ZENZILE - Session Studio 2: JAY REE par ZENZILE_OFFICIEL


STUDIO SESSION 3: JAMIKA par ZENZILE_OFFICIEL

lundi 17 septembre 2012

DIRTY ART CLUB : ELECTRO PSYCHÉ DÉLIRE

En juillet dernier, le groupe nord-américain (USA) Dirty Art Club, transfuge de Madwreck et Matt Cagle, sortait l'Ep "Hexes". Comme l'été offre toujours des beaux signes de présence, il est encore temps d'évoquer ces bidouilleurs électro armés de leur ensorcelant patchwork. Avec leurs 8 titres, ces furieux as de la bricole sonore malaxent les sons (plutôt downtempo) et les ambiances intrigantes, envoûtantes, à la fois sombres et puissantes, emportées par des élans psyché-pop et surf-western spagnetti. Ils tapissent leurs musiques d'atmosphères poisseuses, embrumées et psyché-délires, partant en bringue avec Death in Vegas (période Dead Elvis), Sporto Kantes (Act.1), Wax Tailor, Dj Shadow et Ennio Morricone (chez Sergio Leone). Dirty Art Club flirte avec la folie cinématographique de Tarantino et les torsions visuelles du peintre Bacon sur un hip-hop déglingué porté par un groove nonchalant. Après quelques écoutes, vous serez possédé par l'esprit maléfique du Dirty Art Club. Je vous aurai prévenu.
> Il est possible de télécharger gratuitement le single Minilla en envoyant son email : http://emailunlock.com/phonosaurus/dirty-art-club-minilla


 

mercredi 12 septembre 2012

SKIP AND DIE : LA FIEVRE SUD-AFRICAINE

"Riots in the jungle". Le titre annonce la couleur. Rouge poussiéreux, jaune moite et noir crépuscule. Le groupe sud-africain Skip and Die sort son premier opus en octobre. Ecrit entre Soweto, Johannesburg, Guguletu et Cape Town, le disque est frappé d'un soleil de plomb, bardé de sueurs, d'émeutes, d'ossements et d'oiseaux. Les titres sont chantés en anglais, afrikaans, xhosa, zoulou, espagnol et portugais. Une clarinette klezmer, un breakbeat saccadé, un flow hip-hop, des stridences electro, des percussions endiablées, "Love jihad", 1er extrait de "Riots in the jungle" sème le trouble, invite à la transe, donne la fièvre et livre toute sa puissance dansante. La chanteuse Cata.pirata et ses acolytes seront aux Transmusicales de Rennes en décembre. Entre temps, "Riots in the jungle" aura eu le temps de faire son chemin et du bruit.