jeudi 1 octobre 2015

LES MERVEILLEUSES LANGUEURS ENFLAMMÉES D'OUM

L'eau coule, frétille, limpide, naturelle, source de fraîcheur dès l'intro du premier morceau de Zarabi. Puis l'oud égrène des sons cristallins bluesy, rejoint rapidement par la voix d'Oum qui ondoie majestueusement ses mélopées orientales. La peau des percus résonnent ensuite du rythme sablonneux des balais accompagné par le groove chaloupé d'une contrebasse. Plus loin, une trompette discrète et lancinante posera ses notes jazz. Enveloppé dans un son oriental parfois habité de transe, teinté de jazz et de blues, Zarabi, le nouvel album de la chanteuse marocaine Oum est un hommage aux tisseuses du village de M’hamid El Ghizlane, endroit où se disque a vu le jour.  Dans ce disque percent à la fois la lumière, la brûlure du soleil, le souffle chaud du vent sur la peau et l'ombre bienfaitrice. Zarabi respire tant la langueur orientale et la quiétude apaisante d'un oasis que les entêtantes vibrations des rythmes gnawas et hassanis, invitations au voyage et à la danse. Ce disque ressemble véritablement à un concert acoustique aperçu dans le désert, comme un beau mirage avec le souvenir d'une voix ensorcelante qui ondulait dans les vapeurs d'un groove jazz-oriental. Et dans les jambes, le rêve troublant d'une légère transe. Oum nous fait du bien à l'âme.




lundi 21 septembre 2015

POUSSIN : L’ÉCLOSION D'UNE POP-ROCK AVENTUREUSE

Le quatuor montpelliérain Poussin a fait éclore jeudi 17 septembre le clip de "Bitch" extrait de son premier EP sorti début 2015. Malgré un nom à coucher dehors, ce qui est assez logique, le groupe de l'Héraut couve un quatre titres chargé de promesses de lendemain avec un rock voyageur, aux effluves de folk, qui nous emporte sur les (dé)rives enchanteresses de confrères comme Beirut, Grizzly Bear, Arcade Fire ou encore le normand Barth, entre autres...


jeudi 17 septembre 2015

THE JOURNEY : TUMI & CHINESE MAN DÉBARQUENT EN OCTOBRE

Le rappeur sud-africain Tumi (anciennement Tumi and The Volume) s'associe aux productions foutraquement hip-hop de Chinese Man le 23 octobre 2015 avec l'album The Journey. Le collectif marseillais a pour la bonne cause puisé dans les bacs à disques afin de dégoter les samples plus improbables comme une méthode de banjo, de la musique des années 30, de la flûte des Andes et encore d'autres joyaux. Résultat : du hip-hop aux couleurs hybrides et chatoyantes avec la complicité de Taiwan MC et la nouvelle garde de MC's sud-africains comme  Khuli Chana et le nouveau venu Youngsta Cpt. 

THE JOURNEY / TRAILER // TUMI & CHINESE MAN
:) :) NOTRE PROCHAIN VOYAGE DÉMARRE EN OCTOBRE <3#THEJOURNEYTUMI & CHINESE MANBIM !!!!! STAY TUNED
Posted by Chinese Man on jeudi 16 juillet 2015

TRACKLIST :

1- Jungle Boogie
2- Better That Way (ft Taiwan MC)
3- Ronin
4- Pills For Your Ills (ft Khuli Chana)
5- Past Your Time (ft Youngsta Cpt)
6- The Journey
7- Jungle Boogie
// Scratch Version ft Scratch Bandits Crew
8- Better That Way
// Jazz Reworked ft Le Syndicat Du Chrome
9- Ronin
// Dub ft Hugo Kant
10- Pills for Your Ills
// Afghan Beat
11- Past Your Time
// Trap Reboot
12- The Journey
// Lost Mix

jeudi 18 juin 2015

LES SENS BRITANNIQUES DE BESS


L'essence british de Bess

Le groupe de Perpignan, -bESS-, vient de sortir son premier album, Eveybody wants to have a good life. Cette réalisation plonge l'auditeur dans une pop-rock anglo-saxonne aux influences troublées de Radiohead, Muse, James ou Deus. Des chansons rock habitées par les émotions à fleur de peau du chanteur Guillaume Fanchon, entre mélancolie des années 90's et modernité de pop songs intemporelles.

En quête de la pop song

Est-ce le fait d'avoir vu Thom Yorke et son acolyte en acoustique lors des premiers concerts du groupe en France qui façonna la musique de Guillaume Fanchon. "Le meilleur groupe du monde" comme il le souligne, a, en tout cas, ouvert la voie et le son de Bess quelques années plus tard. Mais il y eut aussi la vague brit-pop, les morceaux ébouriffés de James ou encore les fortes effluves anglo-saxonnes des groupes belges (Ghinzu, Deus...). Mais, au-delà des influences, le quatuor réussit avec ce premier essai à construire des chansons à l'anglaise, à la structure pop héritée des Beatles, orfèvres des parfaites pop songs. L'émotion y transpire en volutes entêtantes, affleurant une rage sourde et volubile. Avec passion, bESS continue sa quête du public en creusant un attrayant sillon sur les scènes de France, là où se déploie son énergie généreuse et communicative. À suivre. http://bess.fr/
  

jeudi 21 mai 2015

BRISTOL AFFICHE LE TRIP-HOP EN BO SIXTIES

Adepte de la reprise détournée (bossa-nova) des groupes punks et new wave des années 80-90 avec son projet Nouvelle Vague, Marc Collin récidive avec Bristol. Avec ce concept, le producteur affiche des groupes de la ville anglaise (ou inspirés par le courant) du même nom pour revisiter les créateurs de ce genre apparu dans les années 90, le trip-hop, cette matière sonore malaxée par Smith and Mighty, Massive Attack, Portishead, Tricky, Neneh Cherry ou Archive. Prenant un malin plaisir (et nous avec) à désosser les styles (dub, soul ,reggae, hip-hop, rock) à base de samples et de groove languide, ces précurseurs d'un nouveau monde furent suivis par d'autres adeptes dans leur sensuelle dérive des sons : Perry Blake, Morcheeba, Goldfrapp, Lamb, Hooverphonic, Sneaker pimps ou Jay-Jay Johansson, voire Bjork goûtèrent aux fruits défendus. Ravivant les volutes du mouvement, Bristol revisite en bande son des années 60-70, en BO de ville, avec des jeunes pousses (Jim Bauer, Martin Rahim, Clara Luciani, Dawn, Prudence Fontaine). En plus de cette relecture intéressante, Marc Collin signe une pochette en clin d'oeil à l'artiste bristolien Banksy. 

samedi 28 mars 2015

PHANTOM : L'AFRO SOUND SYSTEM DE DJ OIL


Le précédent opus "Black Notes" lui a laissé un goût amer et un sentiment d'inachevé. "Black notes a été l’expérience la plus douloureuse de ma vie avec un album qui se trouve dans le placard de Discograph/Harmonia Mundi. La tournée live a aussi été annulée ainsi que mes éditions à vie chez Discograph. Ce label a saccagé mon album par l'incompétence de son directeur mais je préfère ne plus en parler... Ce fut quatre ans de travail gâché par la bêtise." 

L'ex-membre des Troublemakers, "dont l'image ne m'aide pas", pourra se refaire une santé avec Phantom, nouvel opus où suinte encore sa patte de félin des platines et du sample, celle qui insufflait le groove du groupe. La sortie de cet album s'avère cependant être presque le fruit du hasard. "Phantom est un album auquel je ne m'attendais pas du tout. Il est arrivé par hasard après avoir posté 24 titres sur ma plateforme soundcloud. Ces titres erraient sur mon disque dur. Le label bbe m'a contacté et voilà ... Ils ont choisi 12 titres qui se trouvent être des titres enregistrés en studio dans les conditions du direct avec des samples de musiciens enregistrés entre 2009 et 2013. D'autres morceaux sont enregistrés en live sans retouche, un peu comme une galerie de peintures." Seule la voix de  Kevin M. Derrig apparaissant sur le premier titre "Drop out", a été enregistrée à distance. 

Phantom dévoile alors une électro empreinte de funk tropical, de soul urbaine mais aussi de racines afro. Une patte noire comme un héritage de son écoute de la musique black aussi bien ancienne qu'actuelle. Du spoken word, des samples parlées en anglais ou brésilien apparaissent sur ce groove insidieux qui fait son chemin dans notre tête, qui s'installe petit à petit, qui s'insinue, lancinant. Phantom est une errance à travers une ville africaine imaginaire, surpeuplée, qui grouille d'un monde parlant  anglais ou brésilien. Un périple ponctué de flashs de New York ou de la savane.

Dj Oil défendra son album sur les routes en tant que dj et continuera à produire sa musique. "C'est très difficile d'en vivre. Tout a changé, il faut être productif de plus en plus et je dirais que c'est tant mieux."


mercredi 21 janvier 2015

ÉLECTRO : MOLECULE SIÈGE EN HAUTE MER

Il a capté le bruit de la mer, sa fureur, le fracas des vagues, celles qui cognent la coque métallique, le violent souffle de la tempête, le son des machines, les entrailles du bateau qui grincent, le treille qui claque, le filet qui remonte... toutes ces atmosphères, ces lancinants remous, ces milles textures du large ont donné lieu à une matière bleue, organique, vivante, passée par le déferlement des tempêtes, la centrifugeuse naturelle, échantillonnée, malaxée pour créer des loops de mers, de l'électro à marée haute qui tangue dans le roulis, déferle et prend la force du courant. Cet excellent projet digne d'un anthropologue marin, Romain Delahaye alias Molecule l'a mené à bord du chalutier "Le Joseph Rotty" durant 34 jours au milieu des 60 hommes partis pêcher le merlan bleu dans l'Atlantique Nord. Il a embarqué son matériel musical et sonore dans sa cabine et a affronté les éléments, pris le large en avril 2014.  

60°43' Nord livre alors un bataille électro sans filet avec une nature vigoureuse et/ou chaloupée, dans une sorte d'électro-techno-dub des mers variant les climats comme 20000 sons sur la mer, sac et resac qui déchainent les passions. Molecule a également produit des images et un livret témoignant de cette forte expérience musicale et humaine. L'excellent reportage de Thalassa consacré au "pêcheur de sons" en donne un très bel aperçu.  Un électro qui passe par toutes les nuances de bleu.  Ambient, étrange et aventureux.