mercredi 22 février 2017

"The Offshore pirate", le superbe album folk de Marc Morvan


"The Offshore pirate" révèle tout le talent de Marc Morvan qui se dévoile sous son propre nom après avoir œuvré comme collectif avec 3 guys never in, Udolpho et Ophelia. Le Nantais occupe les terres des anglo-saxons et leur vole merveilleusement la vedette avec ce magnifique album "folk" aux parfums baroques, à la grandeur poétique et à l'élan romantique d'une puissance insoupçonnée.

La pochette est signé Pascal Blua

Les cordes sensibles de Marc Morvan

Accompagné du violoncelliste Ben Jarry et du batteur Nico Brusq, Marc Morvan, à la guitare et au chant, livre un magnifique album de folk, "The offshore pirate", agrémenté de cordes étincelantes, aussi baroques que cristallines, serties de mélodies classieuses et d'harmonies enchanteresses. Son grain de voix ensorcelant alliant chaleur et douceur n'y est d'ailleurs pas étranger. Sa voix soyeuse glisse sur les notes pour nous garder à l'haleine.

Le flibustier Marc Morvan nous a bien eu. Il se dévoile autant qu'il se révèle au grand jour.  À l'instar du héros de la nouvelle de Francis Scott Fitzgerald qui porte le nom de l'album "The Offshore pirate", il séduit, déguisé en pirate - dupant ainsi sa véritable identité -, celle que son oncle voulait le voir épouser.


La beauté folk des grands songwriters

Si on perçoit dans "The Offshore Pirate" l'esprit musical d'illustres songwriters comme Neil Young, Leonard Cohen, Nick Drake, Bill Callahan, Stuart Staples (Tindersticks), Neil Hammond (Divine Comedy) voire même Beck,  l'album  de Marc Morvan ouvre une voie personnelle, un nouveau sillon de toute beauté dans l'héritage de la musique folk.

Élégiaque, suave et poétique, l'oeuvre de Marc Morvan cueille nos émotions en nous embarquant dans son navire pour un album au long cours. Un périple enivrant, qui cajole nos entrailles par sa tendresse, sa diversité de paysages et par sa quiétude épurée. De ce calme parfois troublé par quelques vagues révèches, nous éprouvons de la volupté et de l'apaisement, voire du soulagement tant l'album panse et nous plait.

Du travail d'orfèvre

Malgré ses élans languides et les mots tourmentés de ses récits, "The Offshore pirate" est un havre de plénitude sur un océan demeurant imprévisible. Cela faisait longtemps qu'un album dit "folk" n'avait autant paru aussi remarquable par sa profondeur, sa variété  et son intensité. Un disque qui accompagne et caresse le temps avec douceur. Un travail d'artisan de la mélodie qui a pris son temps pour faire mûrir son œuvre à point nommé. Du très beau travail, d'orfèvre de la chanson.

Sorti en décembre 2016, "The Offshore Pirate" poursuit un remarquable chemin qui mériterait  de croiser celui du succès.
 

mercredi 1 février 2017

French Waves : webserie sur l'électro française


French waves, collectif transmedia dont l'objectif est de faire connaitre ou de transmettre la musique electronique française à travers des portraits ou des regards croisés d'artistes lance une websérie illustrant l'origine de titres emblématiques d'artistes français d'électro. Au générique des épisodes : Rone, Bob Sinclar, Dimitri from Paris feat. Cerrone, Fakear, Jacques Modjo, Motorbass, Breakbot feat. Irfane, Valentin Slip, Para One feat.Céline Sciamma.



La websérie de Julian Strake dévoile ainsi en dix épisodes l'essence de la création et/ou l'origine de la naissance de quelques morceaux emblématiques de dix artistes phares de la scène électronique française.

Ça commence dès aujourd'hui avec Rone racontant l'histoire de son titre Bora vocal dans lequel figure le fameux sample vocal d' Alain Damasio. Viendront ensuite Bob Sinclar, Dimitri from Paris feat. Cerrone, Fakear, Jacques Modjo, Motorbass, Breakbot feat. Irfane, Valentin Slip, Para One feat.Céline Sciamma.

Rendez-vous chaque jeudi pour un nouvel épisode


lundi 27 juin 2016

"River in me" signe le retour de Trentemøller

Le producteur électro danois Anders Trentemøller signe son retour  avec un premier single intitulé "River in me" avec, à la voix, la chanteuse du groupe de rock, Savages, Jehnny Beth.

Une collaboration avec la chanteuse de Savages

Sa voix "unique et intense", comme le souligne Anders Trentemøller, figurera sur plusieurs morceaux de son prochain album "Fixion" attendu en septembre 2016. Producteur de celui à venir des Savages, Adore Life, le danois a trouvé que cette collaboration était "un défi intéressant de sortir cette voix de l'univers des Savages pour la fondre dans le mien. »

Un Nouvel album : "Fixion"

Fixion sera le successeur de Lost paru en 2013. Cette nouvelle œuvre poursuit le mélange subtil entre une électro sombre, mélancolique, atmosphérique et envoûtante avec un esprit rock aux teintes grisées d'un romantisme intriguant.

River in me : single et remix 

Si 'River in me " est le seul morceau à se mettre sous l'oreille avant la parution de l'album "Fixion" en septembre 2016, Trentemøller offre une B-side avec un remix du titre.

Illustrations et Clips de "Fixion"

Si Andreas Emenius s'est déjà occupé des illustrations de l'album "Fixion", la réalisation des 3 clips prévues pour la sortie du nouvel album a été confiée par Anders Trentemøller au duo Ritonemenius, collaboration entre la réalisatrice suédoise Åsa Riton et l'artiste suédois Andreas Emenius.

Une date à Paris

Trentemøller et son groupe se produiront à Paris le 17 septembre 2016, avant de débuter une tournée début 2017.

lundi 30 mai 2016

Le piano rock orageux de Sophie Oz



Un piano-rock orageux

Sortie en cette fin de mois de mai, "Other", le premier Ep de Sophie Oz offre un piano-rock orageux et séduisant pour une première réalisation solo après les musiques de plusieurs BO.  
 
L'EP "Other" varie les atmosphères d'un piano-rock orageux, parfois tempérées et voilées d'une nappe de mélancolie et parfois totalement électriques. Ces chansons piano-voix se chargent de courants (de guitare) électriques  qui grossissent au fil des morceaux comme les nuages noirs annonciateurs d'un violent orage. 

Avec "Other", Sophie Oz convie une Pj Harvey à la voix apaisée à mettre son grain de sel chez Dark Dark Dark et s’accompagne au piano de la douce folie d'une Tori Amos.

L'atmosphère se charge d'électricité

Dès le titre générique "Other", un piano conquérant s'installe, accompagné de la voix aux volutes mélancoliques de Sophie Oz. Une balade entêtante aux envolées funambules ourlées par la tessiture vocale (et l'univers) proche de Nona Marie Invie du groupe Dark Dark Dark.  

Puis le titre "Valley" s'ouvre d'emblée sur une rythmique basse/batterie plus épaisse, rapidement zébrée  par les stridences électriques d'une guitare aux aguets, venue chercher des noises au piano, plus en retrait. Ce dernier se faufile et allège par touches ce morceau plus écorché, plus ombrageux, plus rugueux, plus à vif.
Puis une équilibre se tisse entre la guitare et le piano, les deux s'accordent en harmonie et Sophie Oz s'enfonce dans l'univers rock plus posé de "Girls", appuyé par la basse rythmique qu'un refrain vient, tel un orage, éclaté de riffs électriques. "Landscapes" poursuit l'équilibre fragile entre douce mélancolie et rage intérieure.  
"Silence is over" impose un rythme plus lourd, un rock plus martial, sombre et volontaire. L'orage est à la porte, il gronde, se rapproche et éclate sur le frêle édifice. Enfin, "Birds" laisse naturellement le chant des oiseaux à nouveau se faire entendre. 

Un projet solo après des BO

Après avoir travaillé sur différentes musiques de films, notamment aux côtés de Rover sur la bande originale du film d’Olivier Lécot «Une aventure New-Yorkaise», ou encore pour la bande annonce du film « Tiens-toi droite » avec Laura Smet et Marina Foïs en 2014, Sophie Oz dévoile les facettes bien séduisantes d'un talent prometteur. La magie d'Oz opère.



https://soundcloud.com/sophieoz

mardi 26 avril 2016

"DELIRIUM TREMENS" : MICK HARVEY REPREND GAINSBOURG POUR LA TROISÈME FOIS


Don't say a thing est le premier extrait du 3ème volume que l'artiste anglais Mick Harvey a décidé de consacrer à Serge Gainsbourg après Intoxicated Man et Pink Elephants, les deux premiers volumes consacrés aux reprises de l'artiste français. L'acolyte de Nick Cave au sein des fameux Bad Seeds, et le partenaire musicale de son homonyme féminin, PJ Harvey, n'en avait apparemment pas fini avec Serge Gainsbourg. Malgré les 20 années qui le séparent du 2ème volume, Mick Harvey a souhaité revenir à son projet initial de traduire les chansons de Serge Gainsbourg en anglais. L'album Delirium Tremens paraitra le 24 juin 2016 avec 12 titres tirés du répertoire du maître français de "l'art mineur" qu'était, selon ce dernier, la chanson. Mick Harvey y reprend notamment Boomerang, Couleur Café, l'homme à la tête de chou, la chanson du forçat mais aussi Ne dis rien (Don't say a thing) extrait des musiques de films de Gainsbourg. 



Tracklisting : 
1. The Man With The Cabbage Head (L’homme à Tête De Chou) 
2. Deadly Tedium (Ce Mortel Ennui)
3. Coffee Colour (Couleur Cafe) 
4. The Convict's Song (Chanson de Forçat) 
5. SS C'est Bon (Est-ce Est-ce Si Bon) 
6. I Envisage (J’envisage) 
7. A Day Like Any Other (Un Jour Comme Un Autre) 
8. A Violent Poison (That's What Love Is) (Un Poison Violent C’est Ça L’amour) 
9. More and More, Less and Less (De Plus en Plus De Moins en Moins) 
10. Don't Say A Thing (Ne Dis Rien) 
11. Boomerang (Boomerang) 
12. The Decadance (La Décadanse) 

jeudi 10 mars 2016

"EACH ONE OF US" : LE RETOUR DE BRISA ROCHÉ

L’intrigante et majestueuse chanteuse Brisa Roché revient tant sur nos platines que dans nos esgourdes avec un premier extrait de son prochain album Invisible 1, prévu avant l'été 2016. Each one of us, mélange d'Air et de trip-hop stylé s'avance aérien, tendrement mélancolique et délicieusement onirique. La voix de Brisa Roché se fait languissante, fiévreuse et se déploie confidente. Cet extrait dévoile la première part introspective de la chanteuse qui a fait appel à la palette électro Blackjoy, à la production léchée de Marc Collin et aux oreilles expertes de Thibaut Barbillon pour manœuvrer le son. Sous l'égide de ses maestro, Invisible 1 se découpe ainsi en deux parties : l'une plus introspective et la seconde plus électro et lunaire. Partisane d'un éclectisme jouissif, passant allégrement du jazz au rock, en se faufilant dans d’autres sphères musicales, Brisa Roché  se plait, et cela n'est d'ailleurs pas pour nous déplaire, à nous surprendre comme à nous enthousiasmer. Ses dernières réalisations pour la BO du film Yves Saint-Laurent ou avec Rosemary Standley et Ndidi Onukwulu pour le trio The Lightnin 3 révélaient quelques belles facettes de cette artiste multiple.

jeudi 1 octobre 2015

LES MERVEILLEUSES LANGUEURS ENFLAMMÉES D'OUM

L'eau coule, frétille, limpide, naturelle, source de fraîcheur dès l'intro du premier morceau de Zarabi. Puis l'oud égrène des sons cristallins bluesy, rejoint rapidement par la voix d'Oum qui ondoie majestueusement ses mélopées orientales. La peau des percus résonnent ensuite du rythme sablonneux des balais accompagné par le groove chaloupé d'une contrebasse. Plus loin, une trompette discrète et lancinante posera ses notes jazz. Enveloppé dans un son oriental parfois habité de transe, teinté de jazz et de blues, Zarabi, le nouvel album de la chanteuse marocaine Oum est un hommage aux tisseuses du village de M’hamid El Ghizlane, endroit où se disque a vu le jour.  Dans ce disque percent à la fois la lumière, la brûlure du soleil, le souffle chaud du vent sur la peau et l'ombre bienfaitrice. Zarabi respire tant la langueur orientale et la quiétude apaisante d'un oasis que les entêtantes vibrations des rythmes gnawas et hassanis, invitations au voyage et à la danse. Ce disque ressemble véritablement à un concert acoustique aperçu dans le désert, comme un beau mirage avec le souvenir d'une voix ensorcelante qui ondulait dans les vapeurs d'un groove jazz-oriental. Et dans les jambes, le rêve troublant d'une légère transe. Oum nous fait du bien à l'âme.